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Films noirs : la liste.
Après des années passées à regarder du film noir, voici la liste de mes préférés (qui doit atteindre les 25 meilleurs, mais il me manque encore quelques œuvres essentielles, donc j'éditerai cette liste plus tard pour la compléter). Le genre compterait entre 300 et 400 films réalisés du début des années 1940 à la fin des années 1950 ; je dois en avoir vu une petite centaine.
Le terme de film noir est apparu dans les années 1940, sous la plume d'un critique français, Nino Franck. Il désigne l'ensemble des films tournés aux États-Unis dans la période sus-dite, décrivant un monde souterrain, celui des passions, du crime, de la nuit. La plupart des personnages du noir, constitué de formes archétypales - le privé, la femme fatale - sont voués à un destin tragique. Le noir est pessimiste par essence. Pour expliquer cet état d'esprit, il faut se rappeler que les États-Unis, du début des années 1930 à la fin des années 1950 traversent une période économique, sociale et historique particulière. La crise a fait de grands dégâts. Puis c'est au tour de la seconde guerre mondiale d'éclater, suivie de la guerre de Corée, et de la guerre froide... Tout ces événements dépeignent un monde instable, atomisé, dans lequel personne n'est à l'abri de la fatalité. Le contexte politique, économique, social, est consubstantiel au film noir. Autre élément important, la plupart des films noirs étaient des films dits "de série B.", avec des petits budgets et une certaine liberté de tourner, ce qui permit aux plus grands réalisateurs, en général autrichiens (Ulmer, Wilder), allemands (Siodmak, Lang), exilés à Hollywood, d'expérimenter de nouvelles formes. Dans son excellent documentaire*, Scorsese parlera de ces réalisateurs comme des iconoclastes, des contrebandiers qui, de leur position souterraine, ont inventé les codes d'un genre en dehors de tout canon hollywoodien. A cette époque, un ticket de cinéma donne droit à deux séances : la première est dite de série B., l'autre de série A. Dans la série A., tout est délimité, il s'agit de représenter l'idéal bien-pensant de l'époque dans le cadre familial. Les films de série B. vont alors jouer un rôle subversif et repousser toujours plus loin les limites de la censure. La vraie vie est ici. Dans le film noir, l'homme est abordé dans ses dimensions les plus basses, la petitesse du genre humain, renforcée par une urbanité anonyme, menaçante, est démontrée, soulignée, illustrée. Les vrais héros, quand il y en a, n'ont que rarement les mains propres. Le noir est le royaume de l'ambiguïté. La mise en scène et la photographie (il suffit de regarder The big combo pour comprendre combien cet élément a pu être essentiel au genre), constituent, bien plus que le scénario (cf. The Killing, par exemple), un atout de poids pour la plupart des films noirs. C'est grâce à la liberté dont ils vont disposer, une liberté bien plus grande que pour la réalisation de films de série A., que les réalisateurs de cette époque vont donner naissance aux films les plus marquants et les plus incroyablement aboutis que l'histoire du cinéma ait jamais connue (Out of the past, The killing, Murder my sweet, They live by night...). Ce n'est pas un hasard si le noir s'inspire de l'expressionnisme allemand, qui marqua lui aussi les esprits par ses formes élaborées, ses éclairages angoissants et sa vision pessimiste d'une époque. A ce propos, je ne résiste pas au plaisir de citer ce passage de Patrick Brion : "A plusieurs reprises, les réminiscences formelles de l'expressionnisme se retrouvent dans le "film noir". Ruelles mal éclairées, docks menaçants, cliniques et asiles. Autant de lieux où tout peut arriver la nuit. Dans ce monde crépusculaire et nocturne, les femmes préparent la mort de leur mari, les parias de la société américaine cherchent à se réunir en vue d'un casse qui devrait leur permettre d'échapper à leur destin..." Les personnages du noir, les Bowie, les Mad dog, les Sam Spade d'un côté, les Rick, les Hank, les Whit, de l'autre, sans compter la galerie impressionnante de femmes fatales, toutes plus retorses, détestables, sublimes, les unes que les autres (Jane Greer, Ava Gardner, Barbara Stanwick, Gene Tierney, Rita Hayworth), occupent également une place de choix dans cet univers "crépusculaire et nocturne". Enfin, tout dans le noir rappelle la violence ordinaire d'un monde basé sur la domination. Son univers est effroyable. Mais les héros du noir, souvent pathétiques, broyés par le sort, refusent d'admettre les règles du jeu, ils se révoltent, ou vivent à la marge, et finissent par le payer au prix fort. Figures romantiques, cyniques, désabusées, perdues dans un univers d'ombres trop grandes pour elles (voir le final de High Sierra, Bogart perdu dans un canyon et filmé en plongée), elles comptent, là encore, parmi les plus marquantes et les plus belles que le cinéma nous ait donné à admirer. Classer ou répertorier un film noir n'est pas toujours simple. J'ai délibérément éliminé de ma liste les films qui possèdent seulement des éléments du noir (Casablanca, Laura , Vertigo, Sunset Boulevard, par exemple). Par contre, j'ai tenu compte du critère social (ce qui m'a conduit à éliminer tous les Hitchcock, dont aucun, à mon avis, ne se rapporte au noir) : "(...) le film noir rappelle brusquement la réalité des faits. Ses héros ne sont ni des hommes d'affaire de Wall Street ni des intellectuels mais, majoritairement, des américains moyens, aux prises avec la vie quotidienne et à qui il est plus facile de s'identifier." Le noir repose également sur quelques archétypes : le privé, la femme fatale, la griffe du passé, les braquages, le crime, les morts violentes, la vie nocturne, les bistrots enfumés..., dont il faut tenir compte. Enfin, le cycle de films noirs américains démarre en 1941 (officiellement avec Maltese Falcon de John Huston) et s'achève en 1958 (Touch of Evil de Welles). Hors catégorie : Night of the hunter (1955) de Charles Laughton. J'ai longtemps hésité avant de faire entrer ce film dans ma liste. Il appartient finalement au noir, malgré que son héros soit aussi la personnification du mal, et qu'il soit opposé à des enfants, sans que l'on ne pénètre non plus dans les bas-fonds urbains, sans la présence d'un détective, de la pègre. L'arrière-plan est bien celui de la grande dépression, qui pousse le père des enfants à commettre un braquage et à leur léguer sa nouvelle fortune au moment où il meurt, abattu par la police. Surgit alors l'un des personnages de cinéma les plus effrayants, les plus marquants, jamais vu : Harry Powell (Robert Mitchum), un pasteur psychopathe, ancien compagnon de cellule du père, qui a tatoué sur ses mains l'histoire de Haine et de Amour. Il va tenter par tous les moyens de récupérer le magot protégé par les enfants... L'influence de l'expressionnisme est évident, à mon sens, et chaque plan, réalisé en studio, paraît un poème visuel. Night of the hunter est sans doute, en dehors du noir, le plus beau film au monde. Aujourd'hui, sa réputation n'est plus à faire, il figure même à la deuxième place des meilleurs films de tous les temps , derrière Citizen Kane... Pourcentage d'appartenance au genre : 65%

1. Out of the past (1947) de Jacques Tourneur qui réunit Robert Mitchum, Kirk Douglas et Jane Greer dans un noir exemplaire. Il est question, dans ce film, d'un passé criminel et amoureux implacable, qui détruira chacun de ses protagonistes. Au début du film, Jeff Bailey (la légende Robert Mitchum) est garagiste, il vit dans une petite ville nichée dans les montagnes californiennes et il est aimé d'Ann, une jeune provinciale (virginale). Le cadre idyllique éclate rapidement, avec la venue de Joe qui vient le rappeler à son ancien employeur, le truand Whit Sterling (Kirk Douglas). Dans une construction en flash-back, nous suivons Jeff Bailey dans son passé, pour comprendre ce qui l'a amené à refaire sa vie. L'esthétique du film change alors radicalement ; le noir est en action. Nous finissons par apprendre le fin mot de l'histoire : parti à la recherche de la maitresse de Whit, Kathie Moffat (Jane Greer, archétype féminin parfait, mon préféré, de la femme fatale), qui est partie avec 40.000 dollars après lui avoir tiré dessus, il en tombe amoureux et s'enfuit avec elle. Retrouvé par un homme de main qu'elle abat, Kathie prend à nouveau la fuite. Le flash-back s'arrête au présent, lorsque Jeff pénètre dans la maison où se trouvent Whit et Kathie, réconciliés... J'ai beaucoup d'affection pour Jacques Tourneur mais je peux affirmer en toute objectivité qu'Out of the past est un des 10 meilleurs films noirs de tous les temps. La maîtrise formelle de Tourneur, son sens du cadre, de la lumière (photographie de Musuraca, rhâââ ), le rythme qu'il impose au film, la perfection du jeu et des acteurs (Greer et Mitchum me fascinent encore plus à chaque nouvelle vision), font d'Out of the past une des plus grandes réussite du genre. Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
2. The big combo (1955) de Joseph H. Lewis. J'ai choisi ce film en second parce qu'il est méconnu, même de la plupart des cinéphiles et que tout y est remarquable. J'ai déjà consacré une note à ce film, donc je ne m'étends pas. Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
3. They live by night (1948) de Nicholas Ray. Parce que là aussi c'est une évidence. They live by night est un film noir rempli de la passion et de la tragédie (normal, Ray est aux manettes). Le couple formé par Cathy O'Donnell et Farley Granger illustre l'innocence, une innocence perdue au milieu du noir, mais qui conservera toute sa candeur, son angélisme, jusqu'au bout. C'est tellement beau (la beauté du désespoir) que ça se passe de commentaire. Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
4. Asphalt Jungle (1950) de John Huston. Vu 3 jours après avoir publié cette note, Asphalt Jungle devient instantanément un de mes films noirs préférés. J'aime beaucoup Stairling Hayden et tout le film m'a fait penser à The killing de Kubrick (tourné 5 ans après, mais je l'ai vu 5 ans avant... ) : non seulement il y a la présence d'Hayden, mais c'est aussi l'histoire du casse parfait qui échoue lamentablement. Ce qui est intéressant dans ce noir, c'est que la fatalité qui frappe chacun n'est pas complètement due au hasard. Les personnages ont tous un défaut dans la cuirasse, un vice qui va les pousser à la faute. Huston s'intéresse aux motivations qui amènent Doc, Dix et leurs comparses à commettre un casse. Comme dans Maltese Falcon, le but final importe peu et constitue surtout un objectif à atteindre, un rêve à portée de mains. Huston réussit un film noir extrêmement classique (pas de mise en scène ni de montage "risqués" ) et efficace (avec une très belle photographie de Harrold Rosson), qui est aussi le récit d'une ville corrompue dans laquelle la pègre et la police cohabitent sans faire de vagues. Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce film (qui contribua au succès de... Marylin Monroe) qui est, sans conteste, un chef-d'œuvre du genre. Pourcentage d'appartenance au noir : 100%
5. Murder my sweet (1944) de Edward Dmytryk ou comment le plus mauvais Marlowe (création du romancier Raymond Chandler) de l'histoire du cinéma est aussi le film le plus abouti formellement, Dmytryk utilise de nombreux effets qui confèrent un ton unique à un récit quelque peu embrouillé qui réussit la gageure d'être presque aussi compliqué que le fameux Big sleep de Howard Hawks. Sans doute le film qui m'a le plus agréablement surpris, après The big Combo. Dès la scène d'ouverture, on sait que la mise en scène sera au rendez-vous. Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
6. Gun crazy (1950) de Joseph H. Lewis. OFNI (Objet filmique non identifié ), météore préfigurant et surpassant Bonnie and Clyde d'Arthur Penn, Gun Crazy est longtemps resté comme la référence unique de Joseph H. Lewis jusqu'à ce que je réhabilite son travail (on peut rêver) sur The big combo. Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
7. Kiss me deadly (1955) de Robert Aldrich. Un film unanimement salué par la critique lors de sa sortie (Truffaut notamment) et qui a éclipsé toute la filmographie de son réalisateur. Il y est question de meurtres violents, du projet Manhattan, de Los Alamos, d'une boîte de Pandore.. Bref, ce film est encore un OFNI, difficile à résumer mais qu'il est indispensable de voir, ou d'avoir vu, quand on est passionné de cinéma, en général, et de films noirs, en particulier. Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
8. The Killing (1955) de Stanley Kubrick. La réputation de Kubrick est devenue une sorte de légende avec le temps : tous les films de genre qu'il a tourné sont devenus des chefs-d'œuvre (Shining, Barry Lindon, 2001 a space odyssey...), il fallait bien qu'il arrive à bien se classer ici, en ayant réalisé seulement deux noirs... The Killing, c'est l'histoire du casse le mieux préparé au monde (avec Sterling Hayden, Elisha cook junior - le porte-flingue dans Maltese Falcon qui fait aussi une apparition dans les meilleures séquences de Phantom Lady...), et dans lequel rien ne se passe comme prévu. Le montage qu'utilise Kubrick mêle le présent aux flash-back par des aller-retour incessants, le tout conté par une voix off. Kubrick a 28 ans et il vient, par ce procédé, de révolutionner un film qui aurait pu sombrer, avec un script pareil, dans l'anonymat le plus complet. Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
9. The big heat (1953) de Fritz Lang. Histoire d'une vengeance impitoyable, celle d'un flic incorruptible qui voit sa femme et son enfant mourir sous ses yeux, dans la voiture piégée qui lui était destinée. Big Heat est à mon avis assez connu, et le talent de Lang encore plus, donc je ne m'étends pas. C'est, selon moi, le meilleur noir de Fritz Lang. Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
10. High Sierra (1941) de Raoul Walsh (sur un scénario de John Huston). Roy Earle (Humphrey Bogart) sort enfin de prison, après 8 années passées à purger sa peine. Il est bien décidé à se ranger mais, pour assurer ses derniers jours, il accepte un dernier coup. En préparant le casse, il rencontre un couple de fermiers et tombe amoureux de leur fille aveugle... Raoul Walsh est de plus en plus méconnu, rares sont les personnes à se souvenir de son nom. C'est pourtant un des meilleurs réalisateurs de l'époque (très inégal certes) et il prouve, avec HighSierra, que sa mise en scène est toujours aussi efficace. Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
11. Phantom Lady (1944) de Robert Siodmak. Pour sa première moitié somptueuse, la descente dans le monde de la nuit, et cette scène incroyable avec Elisha Cook Jr. qui entraîne Ella Raines (actrice superbe qui m'a fait penser à Gene Tierney dans Laura) dans un garage pour qu'elle assiste à une représentation privée de free-jazz. La scène, d'une sexualité explicite, se termine par un "solo" de batterie ; le regard que jette Elisha sur sa conquête d'un soir est on ne peut plus évocateur. Des scènes comme ça, en 1944, en plein code Hays, n'auraient pas pu passer si ces films n'avaient pas été des séries B... En plus, la photographie de Elwood Bredell (qui collabora aussi sur The Killers, un autre Siodmak très réussi) est parfois du niveau de Musuraca ou Alton. Pourcentage d'appartenance au genre : 85%
12. Double indemnity (1944) de Billy Wilder Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
13. The lady from Shangaï (1947) de Orson Welles Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
14. Force of evil (1958) de Orson Welles Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
15. The Killers (1946) de Robert Siodmak Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
16. White Heat (1947) de Raoul Walsh. 16 ans plus tard, Cagney rejoue l'ennemi public numéro un (William Wellman). Cody (James Cagney) est un dangereux psychopate. Ses casses finissent toujours dans un bain de sang. Non content d'être légèrement paranoïaque sur les bords, il est aussi oedipien au dernier degré. Et plutôt finaud dans son genre : pour éviter la chambre à gaz après avoir volé un train et tué les deux conducteurs de la locomotive, il se fait inculper pour un larcin bidon, à la même date mais dans un autre Etat. La police décide alors de lui adjoindre une taupe dans la cellule, pour tenter de gagner sa confiance et de le faire tomber. Mais Cody n'est pas du genre à donner sa confiance, ni à se laisser avoir. Il l'a promis à sa mère depuis toujours : il sera au sommet du monde ("au moment où ce dernier explosera..." ). Second film de Walsh à se classer dans ma liste, il est taillé sur mesure pour James Cagney qui accomplit ici des prouesses et qui, à mon avis, a du inspirer des générations de 'Tony Montana'. Cet acteur a une présence, une espèce de folie, qui peuvent parfois faire froid dans le dos. Une scène est à cet égard spectaculaire : lorsqu'il apprend la mort de sa mère, en prison. Il pique une crise de nerfs monumentale dans le réfectoire, devant tous les prisonniers. Les figurants, qui n'avaient pas été prévenus, ont eu très très peur. Ils pensaient réellement assister à la crise de folie de l'acteur James Cagney... Pourcentage d'appartenance au genre : 85%
17. Maltese Falcon (1941) de John Huston Pourcentage d'appartenance au genre : 95%
18. Raw Deal d'Anthony Mann Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
19. Detour (1945) de Edgar G. Ulmer, un film à tout petit budget, réalisé avec deux bouts de ficelle, rapide, bien monté et une illustration parfaite de la fatalité du destin. Alors qu'il est pris en stop, notre héros constate la mort naturelle (?) de son conducteur. Il prend à son tour une auto-stoppeuse, avec la voiture du mort et son identité. Pour son plus grand malheur, elle connaissait le propriétaire du véhicule... Pourcentage d'appartenance au genre : 100%
20. This gun for hire de Frank Tuttle Pourcentage d'appartenance au genre : 85%
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Aller à la date 16 Commentaire(s)
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Dr Orlof
/ Site web
(20.4.09 18:51)
Belle liste : je vois que tu t'en tiens à la seule période "classique" alors que certains films contemporains pourraient revendiquer cette appartenance au genre (le premier qui me viens à l'esprit est "les arnaqueurs" de Frears).
En fait, je crois que le plus difficile est de définir précisément le genre (qui se différencie, effectivement, du film de "gangsters" à la "Scarface" et du film "policier" où l'on peut ranger ceux d'Hitchcock).
Je réfléchis à ma liste mais ce n'est vraiment, vraiment pas facile...
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Casaploum
(21.4.09 11:45)
En dehors de cette période, on parlera de "néo-noir" sans doute, mais le film noir est bel et bien américain et daté.
C'est vrai que c'est difficile de répertorier exactement ces films (beaucoup de films choisis par Brion n'entre pas dans cette catégorie, par exemple), et c'est pourquoi j'ai indiqué un pourcentage d'appartenance au genre...
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Vincent
/ Site web
(21.4.09 15:23)
Très belle liste en effet, dans laquelle j'ai quelques lacunes (je viens juste de récupérer "The big combo"). Il est difficile de définir le genre et je suis d'accord, par exemple pour exclure Hitchcock (quoique "Fenêtre sur cour" ou "Le faux coupable"...). Mais si je partage de nombreuses choses je ne suis pas sur le champ du genre que je trouve trop restrictif. je pense que c'est notre éducation culturelle qui nous a dit que le film noir était américain et d'une période bien précise. Avec le temps, je vois qu'il y a une grande tradition "noire" chez les français (Duvivier, Carné, Clouzot , Grémillon...), les japonais, Kurosawa en tête et chez les italiens (c'est Visconti qui adapte le premier "Le facteur sonne toujours deux fois").
Je finalise donc une liste plus large qui te donnera un peu ma façon de voir le genre. A bientôt.
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Edisdead
/ Site web
(21.4.09 20:24)
Bien, pour ma part, je vais suivre tes règles, qui suffisent déjà à dégager beaucoup de titres.
Mes découvertes s'étalent sur une longue période, il m'est donc trop difficile de faire un classement.
10 chefs d'oeuvres :
- Le faucon maltais (Huston)
- Le port de l'angoisse (Hawks)
- Le grand sommeil (Hawks)
- Acte de violence (Zinnemann)
- La dame de Shanghai (Welles)
- Les amants de la nuit (Ray)
- Quand la ville dort (Huston)
- Règlements de comptes (Lang)
- En quatrième vitesse (Aldrich)
- La soif du mal (Welles)
Et 10 autres, quasiment aussi marquants :
- Menaces dans la nuit (Berry)
- Association criminelle (Lewis)
- Le démon des armes (Lewis)
- Assurance sur la mort (Wilder)
- L'ultime razzia (Kubrick)
- L'impasse tragique (Hathaway)
- Le facteur sonne toujours deux fois (Garnett)
- La femme aux cigarettes (Negulesco)
- La griffe du passé (Tourneur)
- Les forbans de la nuit (Dassin)
Voilà. Il serait effectivement intéressant de voir ce que l'on retiendrait du genre pris dans un sens beaucoup plus large...
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Casaploum
(21.4.09 21:41)
Vincent : oui, je suis curieux de voir ce que tu appelles le noir au sens large. On peut également inclure Pépé le moko par exemple, non ? Je demande à voir. Pour moi, le noir est ce genre que j'ai tenté de définir. Par contre, je connais quelques Kurozawa, dont Chien enragé et Entre le ciel et l'enfer, qui ne me paraissent pas appartenir au genre là non plus (mais s'en rapprocher plus que la tradition italienne que tu cites : Ossessione de Visconti n'a plus rien à voir avec The postman always rings twice).
Par contre, Vincent, dépêche-toi de voir The big combo, tu m'en diras des nouvelles !!!
Nightswimming : nous avons quasiment tous les films en commun. Il y a d'autres titres que tu cites que je n'ai pas eu le temps de voir, je regarde Asphalt Jungle ce soir, par exemple. Quant au Tourneur, comment oses-tu le mettre seulement dans la catégorie "films marquants" ? Ce sera sans doute notre seul divergence ce soir, et encore, pas bien grande.
Merci d'être passé par ces pages et de m'avoir donné vos préférences (et celles à venir).
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Vincent
/ Site web
(21.4.09 23:24)
Je n'ai pas cité "Pepe le Moko", mais j'y ai pensé très fort. C'est typiquement un film noir français, femme fatale, monde de truands, héros marqué par le destin, tout y est. autrement, mais tout y est. Pareil pour les deux Kurosawa cités. Le second a de nombreuses caractéristiques du film noir (on pourra développer) et il est adapté d'Ed MCBain. C'est ce que j'appelle "élargir" la définition.
Sinon, je suis d'accord pour dire de "Phantom lady" est un chef d'oeuvre, bien meilleur que "les tueurs". et puis Ella raines avait été "formée" par Hawks.
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Casaploum
(22.4.09 00:47)
Je pense que ce qui manque, c'est le contexte historique et social américain (je sais, c'est énorme dit comme ça). Parce que le noir a une histoire qui lui est propre. C'est pour ça que l'exemple du "facteur sonne toujours deux fois" est très éclairante : le Visconti, pour moi, c'est surtout le premier film néo-réaliste italien de l'histoire et pas un film noir. C'est du chipotage, mais quand on parle du noir, par convention culturelle comme tu le dis, on évoque le cinéma américain de 41 à 58. Ou alors, les autres noirs sont à définir par rapport au contexte économique, social, historique du pays considéré (les noirs français se rapprochent pour moi beaucoup plus de Hitchcock que du noir que j'évoque ici, en Italie, c'est le néoréalisme, avec les sources que tu sais, au Japon je ne connais que les Kurozawa mais il doit y avoir encore des spécificités).
Mais je suis partant pour lire ta liste élargie, je suis sûr d'y découvrir des œuvres qui feront mon bonheur dans quelque temps.
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Christophe
/ Site web
(27.4.09 13:16)
d'accord avec vous sur l'importance essentielle du contexte historique dans la définition du film noir. c'est quelque chose qui le différencie des autres genres. pour ma part, je ne considère même pas High sierra comme un film noir vu qu'il est sorti avant Le faucon maltais.
en m'en tenant donc à la période 41-58, voici mon top 10:
Deux rouquines dans la bagarre, seul chef d'oeuvre du genre en couleurs que je connaisse (et quelles couleurs !)
La soif du mal
La griffe du passé
Le port de la drogue
Les forbans de la nuit
Règlements de compte
La maison dans l'ombre (correspond-il à la définition canonique de Borde et Chaumeton ? je ne sais pas en tout cas c'est un film sublime)
Laura
Détour
Assurance sur la mort
julien, vous avez confondu Force of et Touch of evil il me semble.
de plus, dans vos listes, je ne connais pas:
Menaces dans la nuit (Berry)
This gun for hire de Frank Tuttle
qu'est ce ?
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Christophe
/ Site web
(28.4.09 09:54)
je me rends que j'ai oublié un de mes préférés, rarement cité: Pushover, chef d'oeuvre pré-melviillien de Richard Quine avec une sublime Kim Novak.
du coup, j'enlève La maison dans l'ombre et je suis certains d'avoir dix films noirs pur jus dans mon top.
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Casaploum
(29.4.09 19:40)
Oui, j'ai confondu le titre de Welles, je corrige.
Pour ce qui est du Frank Tuttle, je vous renvoie à la note que j'ai écrite dessus. Cliquez sur Ploum fait son ciné et descendez un peu, vous la trouverez.
Sinon, je vois que ce sont souvent les même titres qui reviennent dans cette liste des films noirs.
La maison dans l'ombre, c'est bien le film de Ray ? Dans ce cas, bien que très beau, il ne rentre pas dans la définition du film noir.
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Casaploum
(29.4.09 19:41)
Et merci pour la référence de Pushover, que je ne connais pas, je vais combler cette lacune.
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Bousquet
(15.11.09 00:22)
Bonjour,
je suis à la recherche d'un film noir (policier) des années 50
Il me semble que le titre était "Seuls les bons meurent jeunes"
Est ce que cela vous dit quelquechose. J'ai vu ce film il y plus de 40 ans et j'aimerai le revoir. Je me souvines surtout de la fin de ce film : le héros téléphone gravement bléssé d'une cabine à sa compagne pour lui sognaler que tout va bien, alors qu'il se sait perdu………
Merci de votre diligence
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Casaploum
(16.11.09 14:30)
Était-ce un polar français ou un film noir américain ? Des années 50 ? Le titre ne me dit rien (il y a Les bourreaux meurent aussi de Lang mais ça ne correspond pas).
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Delphine Seyrig
(3.1.10 01:28)
"Pourcentage d'appartenance au genre : 85%"
"Pourcentage d'appartenance au genre : 95%"
"Pourcentage d'appartenance au genre : 65%"
"Enfin, le cycle de films noirs américains démarre en 1941 [...]] et s'achève en 1958 "
J'adore ta vision du cinéma !
C'est grandiose.
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Casaploum
(3.1.10 15:20)
Delphine, pour un weblog que tu détestes et méprises, c'est le 5è commentaire que je lis de toi, écris au même moment de la nuit. Loin de moi l'idée de considérer que tu es une personne frustrée qui se vide de ses angoisses sur le net grâce au formidable anonymat mais tu serais plus crédible et critiquant ET en avançant des pros. La critique, n'importe quel benêt peut y recourir. Merci.
Si tu avais vraiment lu ma note, tu saurais pourquoi j'essaye de définir un pourcentage d'appartenance au genre, et tu saurais également pourquoi les historiens du cinéma s'accordent pour délimiter dans le temps les films noirs. Mais bon, pour ça faudrait sans doute arrêter les gamineries deux secondes et entrer dans un échange, une conversation, ce que tu sembles incapable de faire.
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